Ces avions qui nous font peur : quelques précisions

26 avril 2013 (maj 25/5/13) Les précisions ci-après concernent les pages 218 à 228 qui me sont consacrées par François Nénin dans son livre « Ces avions qui nous font peur ». Ces précisions font suite à quelques commentaires généraux déjà publiés.

Je tiens François Nénin au courant de tout ce que je fais, tout ce que je subis, de chaque publication sur le Web, avec, en général, un résumé de présentation d’une phrase ou deux. Il n’a pris aucun contact avec moi pour s’informer de quoi que ce soit de mon dossier (mais il me demande souvent des précisions et des documents pour des faits qui ne me concernent pas, par exemple, le 16 avril, veille de la parution du livre, il me demandait dans un courriel « Tu sais qui sont les experts de cet étrange comité ? »). Les remarques ci-dessous suivent l’ordre de la lecture des pages 218 à 228 de son livre. C’est un peu brouillon, désolé.

François Nénin évoque Bernard Ziegler après avoir juste déjà dit quelques mots de moi. Il développe sur l’accident de la Vallée Blanche, avec une quantité de détails précis, sur cet événement qui date de 1961, montrant ses qualités d’investigateur et sa conscience professionnelle. On peut donc lui faire confiance pour la suite et le croire sur parole. Ah ? Justement… Alors allons-y !

Il écrit que j’ai été condamné à trois mois fermes récemment, pour menaces et diffamation. C’est faux. Il ne s’agit pas de menaces. J’ai été condamné pour négationnisme et diffamation (c’est ce que j’ai expliqué sur la page à ce sujet, où il y a le lien vers l’article Ouest-France). Cette erreur est très gênante pour moi. En outre il aurait dû en dire plus sur cette condamnation. D’où venait l’attaque (aucune info de sa part) et en quoi cette condamnation ne tient pas (c’est une forfaiture). Toutes les pièces essentielles du dossier sont en ligne et François Nénin a suivi toute cela « en direct ». Ce manque est très gênant pour moi.

Contrairement à ce qu’affirme François Nénin, je n’ai jamais dit que c’était la loi de protection d’incidence qui avait limité l’action du pilote à Habsheim. Cela… c’est la version officielle ! La réalité c’est qu’une limitation anormale est intervenue bien avant la protection d’incidence. Sans parler des moteurs (un bug a eu pour conséquence d’agir en cascade et de planter les deux systèmes, moteur et commandes de vol, parce que ce bug, qui n’affectait que les moteurs, touchait aussi indirectement les commandes de vol qui ont reçu des fausses informations en provenance des moteurs). La présentation dans son livre sème la zizanie dans ce que je défends.

Sur les filatures voyantes de 1988, il écrit « sans que nous ayons pu vérifier cette information, car aucun élément ne peut l’attester, le pilote prétend… ». Ces méthodes d’intimidation sont pourtant classiques, ce que je précise dans mon livre en ajoutant que je savais à quoi m’en tenir sur ce point quand j’étais peu discrètement suivi. Des journalistes de l’Express qui commençaient une enquête sur une affaire sensible (Péchiney je crois, mais j’ai un doute de mémoire) en ont été victimes. Ils ont finalement sorti l’affaire. La façon dont François Nénin présente ces évènements me concernant ne joue pas en ma faveur.

Il écrit « Norbert aurait ensuite été conduit devant un commissaire de police ». Ce conditionnel permet de laisser croire que j’invente (que je délire ?), alors que toutes les informationss utiles sont dans le livre… avec en annexe le fac-similé du rapport de police, signé du commissaire Bernard ! Là encore, ce n’est pas un cadeau pour moi cette présentation.

Il écrit « Norbert Jacquet se serait retrouvé aux urgences psychiatrique ». Même remarque. Ce conditionnel permet de laisser croire que j’invente (que je délire ?), alors que le PV de police, avec le fac-similé dans mon livre, précise « il a été conduit à l’hôpital de la PITIE par la Sécurité Publique » et alors que je donne toutes les précisions utiles dans mon livre, que dans le livre je cite les termes de l’attestation du Dr Fontaine de l’hôpital de la Pitié, qui précise l’absence de troubles, que cette attestation est publiée sur mon site et qu’elle a même été présentée à la télévision dans l’émission Envoyé Spécial, disponible en intégralité sur mon site. Une fois de plus, ce n’est pas un cadeau pour moi cette présentation.

Il écrit que le médecin du travail me remet un bulletin de consultation devant un psychiatre de Ste-Anne. Mon livre est clair et précis sur ces évènements, avec les références aux documents dont certains figurent en annexe (et je dispose de tout le dossier). C’était d’abord devant un psychiatre d’Air France que le médecin du travail voulait que je consulte (document en ma possession) et c’est ce que j’écris dans mon livre. Comme je demandais au médecin du travail, par lettre, de me fournir des explications avant d’aller voir le psychiatre d’Air France, le médecin, sans me fournir d’explications, m’a adressé une nouvelle convocation, cette fois devant le psychiatre de Ste-Anne… qui ne m’a rien trouvé, ce que François Nénin oublie de préciser et c’est bien dommage. Bref, encore une présentation de sa part où tout est « à coté », dans un sens qui m’est défavorable.

Il écrit « Norbert est désormais sur la touche ». Je ne pense pas être sur la touche dans le combat pour faire un peu de ménage dans la pétaudière, dans l’intérêt de la sécurité et dans l’intérêt des familles de victimes, notamment celles du Rio-Paris. Je crois même être en bonne place. J’ai toujours été en avance sur tout le monde en France et les faits m’ont toujours donné raison. En outre, si on m’avait écouté, plutôt que briser ma vie et tenter de me faire passer pour fou, le Rio-Paris et d’autres accidents, antérieurs, ne se seraient jamais produits. De surcroît, ce que j’explique sur le Rio-Paris et les mensonges d’Etat mis en oeuvre pour escroquer les familles de victime et les détruire dans un scénario identique à celui du Sainte-Odile est limpide.

Il revient sur des histoires de menaces, en édulcorant l’ensemble des faits, le contexte. Sans préciser en quoi l’accusation ne tenait pas. C’est dommage, cela joue en ma défaveur. Et, dans ce court sous-chapitre de onze pages de son livre qui m’est consacré, il y avait peut-être des choses plus intéressantes à exposer sur les vingt-cinq années de mon affaire, ce que celle-ci révèle et ce que je révèle, s’agissant de la sécurité des vols.

Il écrit « Norbert Jacquet est aujourd’hui un homme fatigué, écoeuré »… « sa rancoeur est grande » (et auparavant il avait employé le terme « amer »). Non. Il suffit de lire ce que j’écris et le style que j’emploie pour voir qu’il n’en est rien. J’en ai assez, mais je prends toujours les choses avec humour et je suis d’un grand optimisme, remerciant même ceux qui s’acharnent contre moi de me faire, finalement, de la publicité (c’est même écrit noir sur blanc dans une page spéciale intitulée « merci pour tant d’honneur »).

Il écrit que je suis « méfiant ». Non. C’est un terme que je n’ai jamais employé. Il m’arrive juste de dire ou écrire que je suis prudent quand c’est nécessaire (mais pas en général), que je préfère faire preuve de prudence, que la prudence commande de… ou m’amène à… à chaque fois sur des points précis et expliqués, et je parle et j’agis ainsi non pas pour ma protection, ma sécurité, mais dans la plupart des cas à l’égard des autres, parce que je ne veux pas accuser à tort, même s’il est vrai que je suis prudent et que j’évite de me montrer trop ostensiblement. Qui ne le serait pas après avoir subi ce que j’ai subi et être actuellement recherché pour être une nouvelle fois enfermé sous des motifs bidon (ce dont François Nénin est informé) ? Bref, il transforme des scrupules dans l’intérêt des autres et une prudence d’une nécessité évidente pour ne pas être à nouveau enfermé en une méfiance générale qui caractériserait mon comportement. Il y a une connotation gênante dans ce glissement progressif opéré par l’auteur du livre. En effet, il y a peu entre la méfiance et un penchant paranoïaque.

Contrairement à ce qu’il écrit, je ne tchatte pas sur le Net, ni sur des forums. C’est terminé depuis longtemps parce qu’inutile maintenant (mais ce fut nécessaire à la création de mon site Web en 2004 pour développer et croître). Et je ne demande à personne de le faire à ma place. Je dissuade même ceux qui se proposent de le faire pour moi. Les forums, c’est anonyme et, sauf rares exceptions de forums professionnels internes à des entreprises par exemple, donc non publics, on y trouve à 95% que des bilieux anonymes qui règlent des comptes avec eux-même en racontant n’importe quoi, les pires bêtises sans même s’en rendre compte.

Il écrit « Norbert Jacquet continue de se battre sur le terrain de l’information, sur des forums ». Et c’est tout. Gros problème. C’est faux (voir paragraphe précédent) et surtout il aurait pu dire ici que j’ai un site Web particulièrement documenté (on y trouve même les rapports d’expertise judiciaire du Rio-Paris, je suis le seul à les avoir publiés !) (et même la mention d’un rapport médical, disponible sur demande,… qu’il m’a donc demandé le 15 mars 2013 !… et je le lui ai transmis). J’ai un site Web bien documenté, bien comme il faut, sur tous les aspects, tous les volets de ces affaires, avec des tonnes de documents, des émissions de télévision. Même la télé belge ! Une anecdote à ce sujet. Dans un courriel du 25 septembre 2012, en réponse à une information que j’avais diffusée, faisant référence à l’extrait de l’émission belge que j’avais mis en ligne, il m’écrit, me donnant son avis « Bien, bien Norbert, très offensif tout en restant calme, comme d’habitude. On peut le voir en entier le docu belge ? ». Je lui réponds dans la foulée que je vais faire le nécessaire. Il me répond « ok merci Norbert c’est sympa [...] » et quelques heures plus tard j’ai fait le nécessaire par FTP. Fin de l’anecdote, je reviens à mon site Web où tout est clair, net, au cordeau, simple à comprendre par tous. C’est même le site Web le plus documenté, le plus sérieux, le plus percutant, le plus utile à la sécurité aérienne et aux familles de victimes. Et ça, il ne le mentionne pas, écrivant seulement « Norbert Jacquet continue de se battre sur le terrain de l’information, sur des forums ». Il aurait pu dire qu’on trouve sur mon site Web, par exemple des lettres que l’actuel ministre Montebourg m’a adressées, concernant Mermaz et le procès que celui-ci a perdu parce que j’ai prouvé qu’il avait participé à un trafic de faux enregistreurs. Qu’on y trouve tout un dossier sur la Juge Zimmermann, dossier qu’elle a elle même constitué, avec des mails venant d’elle, etc., alors que tout cela concerne le Rio-Paris. C’est quand même dommage qu’il oublie l’essentiel, le plus énorme et qu’il me fasse passer pour un zozo inutile, inefficace, qui se contenterait de déverser des bêtises sur des forums.

Il évoque des attaques qui viendraient d’anciens collègues. Ceux qui m’attaquent s’appellent Roger, Asseline, Le Carrour, les véreux de l’ex-Eurocockpit/Radiocockpit et quelques autres du même tonneau et pour les mêmes raisons, c’est-à-dire ceux-là même à qui François Nénin fait beaucoup de publicité dans son livre, mentionnant qu’il s’est déplacé pour les rencontrer, qu’il communique beaucoup avec eux, les présentant sous un jour flatteur, alors que ce sont des véreux qui ont du sang sur les mains et qui continuent à essayer de « promener » les familles de victimes. Mais les autres pilotes, à l’exception de quelques lèche-bottes qui cherchent à se faire bien voir pour en être remerciés avec un plat de lentilles, n’ont rien contre moi. Au contraire !

Son interview d’une navigante à mon sujet n’est pas récente et n’a pas été effectuée pour la rédaction de ce livre. Elle date du 9 décembre 2006, dans le cadre d’un projet resté sans suite.

Un dernier point. Dans un courriel du 13 novembre 2012 il m’écrivait « Tu es un des seuls intègres. ». Merci (mais il aurait dû se méfier d’Asseline, Roger, Boetsch et quelques autres qui l’ont embobiné). Dans un courriel du 8 avril 2013, neuf jours avant la sortie du livre, parlant de la juge Zimmermann « Sais tu, puisque la juge a désormais le rapport d’expertise judiciaire si elle a fixé la date d’une audience préliminaire ? N’hésite pas à me filer des infos en premier sur ce dossier ». Dans un courriel du 16 avril, veille de la parution du livre « 100% d’accord avec toi sur [X], c’est un pétochard de première, il s’est fait dessus au procès que [Y] m’a intenté, je te jure, mon cher Norbert, c’était pathétique, tu aurais eu honte de lui, il était tétanisé par le juge, ça faisait pitié » puis, dans un autre du même jour « Imagine en 40 avec des mecs comme [X, le même que le précédent] et [Z] nous deux on se retrouvait dans un train sans fenêtre ». Lui, je ne sais pas. Il vit normalement et très confortablement et il est actuellement en vacances avec femme et enfants, comme il vient gentiment de me le rappeler depuis son iPhone dans un mail du 22 avril. Moi, c’est ce que j’essaie d’éviter (le train sans fenêtre) et ça dure depuis vingt-cinq ans. Après réflexion, je ne sais pas si son livre m’y aide beaucoup. Chacun jugera.

Update, 25 mai 2013. Cela ne m’était pas revenu à l’esprit, mais il n’est jamais trop tard pour bien faire : ce qu’à écrit François Nénin dans ce livre est à rappprocher d’une dédicace de sa part de mars 2006.

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