Sécurité aérienne : les associations de familles de victimes

19 avril 2012 (maj 17 avril 2013). Un collectif d’“une dizaine d’associations de familles de victimes” d’accidents aériens a organisé une conférence de presse le 11 avril pour médiatiser une lettre ouverte aux candidats. Dans cette lettre le collectif fait un “terrible constat d’échec des politiques sécuritaires”. Il présente une dénonciation en cinq points. Les trois premiers concernent la sécurité en général. Y sont dénoncés la “complaisance”, le “laxisme”, l’“immobilisme”, le “manque d’information” et même la (sic) “désinformation”. En fait, ce collectif ne fait que reprendre ce que j’avais annoncé dès le milieu des années quatre-vingt et que j’ai toujours maintenu ensuite avec tous les faits utiles dans les mains (et sur le Web depuis le 23 août 2004), avec les conséquences que l’on sait pour moi (et ça continue). Mais ces gens-là se donnent-ils vraiment les moyens d’obtenir satisfaction ou bien se contentent-ils de faire du bruit pour rien ?

Les deux derniers points de leur dénonciation concernent les enquêtes. Sont dénoncés (citation intégrale) “une opacité entourant les enquêtes d’accidents aériens” et “un abandon des familles de victimes face à leur combat pour la recherche de la vérité”. Quel brassage d’air quand on sait que les mensonges dans les enquêtes sont avérés, avec toutes les preuves sur le Web, compréhensibles par un gamin de dix ans, ce que le collectif se garde bien de signaler ! Quant à l’abandon des familles de victimes dans les enquêtes, on peut faire plus que s’interroger sur ses véritables origines.

Brassage d’air. Tout est là. Ont-ils dit un mot, un seul, des énormités en matière de sécurité et de mensonges, bref, ont-ils dit un mot des faits qui démontrent tout ce qu’ils dénoncent ? Ont-ils dit un seul mot des fausses licences, de l’énorme mensonge sur le Rio-Paris, du comportement de la juge Sylvia Zimmermann, de… allez, j’en reste là parce qu’on pourrait mettre encore des dizaines de liens vers des faits tout aussi simples à comprendre. Bref, rien, silence, pas un seul mot de la part du collectif. On peut chercher, gratter, on ne trouvera rien. Ce collectif, c’est le collectif brassage d’air pour détourner l’attention et pour que rien ne change.

Brassage d’air. Pour en rajouter dans le détournement d’attention, ils en font des tonnes dans leur lettre ouverte. Il demandent un engagement “sur le plan national : appliquer les règles… exiger que la sécurité des vols soit dans les faits l’objectif n°1… contrôler avec rigueur… sanctionner sans complaisance… créer une Haute Autorité… détacher le BEA de sa tutelle… sur le plan international : devenir actif au sein de l’OACI et de la Commission européenne… proposer une révision… faire appliquer avec une grande fermeté… ”. Mazette ! Quel cinéma, quand on voit tout ce qu’ils passent sous silence !

Brassage d’air. Ce collectif s’est même fendu de la diffusion d’un communiqué auprès de deux-mille-quatre-cent-trente-neuf journalistes (en payant).  On appréciera, dans ce communiqué, cette interpellation des candidats : “Qu’avez-vous fait, qu’allez-vous faire pour protéger vos concitoyens contre les manquements scandaleux à la sécurité aérienne ?” Ah, bah ça, oui alors, c’est vrai quand même ! Scandaleux, si, si. Oserais-je une suggestion ? Ce que les apostrophés peuvent faire c’est… dénoncer ces associations dont les dirigeants sont, dans le meilleur des cas des aveugles manipulés par quelques avocats véreux et des magistrats complaisants, des incapables, des profiteurs pour certains, pour ne pas dire de vulgaires escrocs s’agissant de quelques uns d’entre eux, et sont, eux, les premiers responsables de la (toujours sic) “désinformation” qu’ils dénoncent et, surtout, de ses conséquences sur la sécurité aérienne. Quand on sait que certains dirigeants de ces associations font tout ce qu’ils peuvent depuis des années pour me démolir ! Demandez à Alvaro Rendon, par exemple, tout ce qu’il a entrepris à ce sujet depuis dix-huit ans.

Un dernier mot. Cette kermesse organisée dans l’urgence s’est tenue… dans les locaux de la nomenklatura de l’aviation ! Un  symbole qui montre que certains n’ont pas peur du ridicule.

Bonne nouvelle. Il semblerait que, du coté des médias français et de l’AFP on commence à dire “fini la comédie !”. Mais peut-être n’est-ce que passager. Qu’en sera-t-il après la présidentielle ?

Update 17 avril 2013. Rien de nouveau sous le soleil. Ces associations viennent de se regrouper sous l’appellation « Comité de veille pour la sécurité aérienne ». Leur porte-parole, qui a déjà précisé par écrit (c’est sur le Web) qu’il ne dira pas la vérité sur le drame du Rio-Paris, est Gérard Arnoux. Encore du brassage d’air en perspective de la part de ces gens-là pour cacher l’essentiel, au plus grand profit de la nomenklatura de l’aviation et au lourd préjudice des familles de victimes qui sont détruites dans des procédures interminables débouchant sur le néant. Et au mépris de la vie humaine, parce qu’ils ne dénonceront jamais la « vraie réalité », permettant ainsi que rien ne change.

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