Sécurité aérienne : le désastre était annoncé

Le 25 novembre 2011 (mis à jour le 7 février 2014).

Le problème de sécurité du transport aérien français est maintenant « officiel », sur la place publique (Google, septembre à novembre 2011). On tente toutefois de faire porter collectivement le chapeau aux pilotes, présentés mensongèrement comme une « caste d’intouchables », alors que la réalité est à l’inverse et que ceux-ci n’y sont pour rien. Ils n’ont pu que subir l’évolution désastreuse. Ce qui suit le confirme avec éclat.

Le 2 mai 1989 je déclarais en conclusion de « Ciel, mon mardi », émission phare à l’époque, en direct : « Le transport aérien reste sûr parce qu’on vit encore sur un acquis, mais on a tout lieu de craindre qu’il en sera différemment dans les années qui vont suivre. C’est la raison pour laquelle il appartient aux pilotes qui, finalement, sont les garants de la sécurité à bord -d’une part parce qu’ils sont à bord, d’autre part parce qu’ils sont techniciens-, je pense que c’est à nous, pilotes, de tirer la sonnette d’alarme actuellement. » (livre, pages 46 et 47 et vidéo WMV de l’émission).

L’ensemble du livre et mes déclarations antérieures à la parution de celui-ci procédaient de la même démarche (presse et télé) (Update 14 décembre 2012 : page avec précisions vers le bloc de vidéos).

Une grève pour me soutenir, avec préavis au ministre Bianco, a eu lieu, les 27 et 28 mai 1992, déclenchée par le syndicat majoritaire SNPL à une époque où un peu de ménage y avait été fait. Cette grève fut suivie à 65% à 80%. Ce fut la seule grève spécifique aux pilotes d’Air France sur une période de dix ans (documents sur la grève et autre document sur la grève). C’est à ce jour la seule grève au soutien d’un pilote depuis 1974 (avec en outre cette différence : en 1974 le préavis avait été adressé à la direction d’Air France à la suite d’un licenciement, alors que dans mon cas le préavis a été adressé au ministre parce que l’Etat m’a purement et simplement retiré mon métier).

Pour autant, la justice a décidé de me massacrer et elle s’y est employée avec acharnement au fil des ans (enfermements, torture en unité psychiatrique spéciale UMD avec excréments sur le visage, etc.)… avec le résultat que l’on sait maintenant et qui est sur la place publique : le désastre. Avec les deux-cent-vingt-huit morts du Rio-Paris, sans parler de quelques précédents. Il est hallucinant de voir, par exemple, que, quand le Concorde s’est crashé, j’étais enfermé depuis cinq mois parce que j’en sais trop sur les magouilles criminelles de la nomenklatura de l’aviation (articles de presse et la suite en appel).

Et cette justice savait parfaitement ce qu’elle faisait. Elle a toujours été informée de tout. Par exemple, deux articles de presse, entre autres, lui ont été transmis : 12 mars 2006 et 4 mai 2006 (il est question du livre sur la sécurité aérienne qui venait de paraître).

A la rubrique « le fou a raison » on peut ajouter ce qu’il s’est dit au récent colloque de l’Académie de l’air et de l’espace. C’est ce que j’ai toujours soutenu, mais j’ai été massacré par la justice parce que la France, Airbus et la nomenklatura de l’aviation, rangés derrière Bernard Ziegler, avaient décidé que « les ordinateurs des Airbus corrigent les erreurs des pilotes », « les Airbus, ma concierge peut les piloter », « on ne demande pas à un pilote de savoir ce qu’il y a dans son Airbus de la même manière qu’on ne demande pas à un chauffeur de taxi de savoir ce qu’il y a sous le capot de son véhicule », « le cerveau des Airbus remplace celui des pilotes »…, le tout associé aux mensonges sur les causes d’accidents et d’incidents d’Airbus, en premier lieu Habsheim où il a été prétendu que ce sont les ordinateurs qui auraient sauvé des passagers, alors que ce sont les ordinateurs qui, en raison d’un bug, ont mis l’avion par terre, s’opposant aux actions pourtant massives du pilote.

12 novembre 2012. MERCI ! (même le titre de l’article était annoncé… en haut de cette page)

18 novembre 2012. Le documentaire de Canal+ est l’occasion de rappeler que « En 1985 déjà, Norbert Jacquet avait mis en cause, par écrit, la formation des pilotes à Air France ainsi que certains fonctionnements de l’aviation civile en évoquant la possibilité d’accidents » (journal l’Alsace du 16 novembre 1988).  Au vu de l’identité des interviewés, le documentaire de Canal+ méritait donc une analyse détaillée.

5 décembre 2012. Un petit bilan depuis 1985. Et, s’agissant du crash du Concorde, une « pression politique » selon la justice. Noooon ?! Ce n’est pas possible !! Mais on ne fait rien et on attend le prochain… comme d’habitude. La France, c’est grave Docteur ?

Et la justice française continue à me poursuivre de sa vindicte maladive, me faisant rechercher pour m’enfermer et me détruire, C’est la juge Zimmermann qui se charge de la sale besogne, avec quelques amis magistrats et avocats : trois mois de prison ferme.

Si des familles de victimes du Rio-Paris devaient rendre justice par leurs propres moyens, à la (dé)mesure des saloperies d’Etat qu’on leur inflige et des responsabilités qu’on leur cache, qui pourrait le leur reprocher ?

Update, 23 janvier 2013. Les voeux, c’est jusqu’au 31 janvier. Il est donc encore temps d’ajouter le lien vers ma carte de voeux.

Update 7 février 2014. TOUT EN VIDEO. Avec les dernières vidéos qui présentent les documents judiciaires de l’enquête sur la disparition de l’Airbus AF447 Rio-Paris et mettent au grand jour les magouilles et mensonges sur ce crash pour tenter d’en cacher les causes et masquer les responsabilités et culpabilités.

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